• PP Danzin

Une belle critique signée "Le doigt dans l'oeil" à l'Arthé Café


Silhouette débonnaire de grand gaillard, mi-Caussimon mi-Joyet, visage jovial, sourire d’enfant, yeux pétillants, cheveux longs et bouclés sous une casquette à carreaux, tel se présente Pierre Paul Danzin, accompagné de son frère Alex, jeune homme brun, barbe et fine moustache bien taillées, vêtu de noir jusqu’à la casquette . Pierre Paul prend sa clarinette, Alex sa guitare, pour une longue intro musicale, et l’on comprend immédiatement qu’on a devant nous deux musiciens de grand talent. Juste un p’tit coup de fil à passer, allo seigneur, allo Allah, allo Yahvé, ça ne se passe pas très bien sur terre, est-ce que ça ira mieux quand nous serons athées pratiquants

Et c’est avec Maintenant que Pierre Paul commence son tour de chant, une chanson de son prochain album qui doit paraître au printemps prochain : Aujourd’hui, c’est demain.

Pierre Paul Danzin enchaîne les chansons, de sa voix chaude et mélodieuse, modulant les phrases selon les chansons, avec une diction parfaite, et sans micro, en toute complicité avec son frère à la guitare, ou à l’ukulélé pour des morceaux plus exotiques, Alex, qui mêle parfois sa voix à celle de son frère et chansons agrémentées d’envolées de clarinette, de flûte, par exemple pour couvrir le cri des mouettes du public, ou de rifs de guitare.

Avec Pierre Paul Danzin, chanson d’expression, spectacle vivant sont des mots qui prennent tout leurs sens, il vit ses chansons, en gestes, en expressions du visage, il nous amène dans des voyages, des moments de vie, avec un regard humaniste, lucide, parfois caustique, mais la tendresse reprend toujours le dessus et l’espoir tient son horizon . Chanteur, conteur, clown, musicomédien, poète, sculpteur de mots, musicien, clarinettiste virtuose, acteur, cela fait plus de vingt ans qu’il exerce son métier d’artiste-artisan aux multiples talents. Prix Brassens du public 2017, coup de cœur du Centre de la chanson en 2016, lauréat du Grand prix Léo Ferré Les mémoires de la mer, il a fait les premières parties de nombreux artistes, notamment Allain Leprest, Sarcloret, Gérard Pierron, ou Francesca Solleville.

Et c’est sous le regard de son copain Leprest, qui fait partie des beaux fantômes de l’Arthé Café, et qu’il a côtoyé durant deux ans, avec la compagnie C’est pas si grave, pour le spectacle Pantin-Pantine, d’Allain Leprest et Romain Didier, Pierre Paul Danzin nous chante deux chansons coécrites avec Leprest, la première, Robe de bois, robe de fer, magnifique chanson féministe :

Oh ! Femmes déchirées sans souffrance / Femme qu’on aime comme on ment / Et jamais mortes pour la France / Sur les pierres de nos monuments / La femme ici bas vit l’enfer / Et les hommes le paradis…

Et la deuxième un peu plus tard : Jojo, Jojo étant le frère d’Allain Leprest, chanson écrite à l’occasion de l’ anniversaire de Pépita, fille de Jojo, de l’album Charivaris :

Pépite ma petite Ne vieillit pas trop vite On le sait trop déjà Que chaque anniversaire N’use que si l’on s’en sert Les chiens font pas des chats J’ai honte de songer Qu’un jour un étranger Me piquera tes sourires Volera mon numéro Du clown double zéro Poil au nez, poêle à frire Y a papa padapada papa !

Et tout le monde reprend en choeur…

L’espoir, un poème mis en musique, comme le sont toutes les chansons de son dernier album Bleu Cobalt, 16 poèmes choisis sur 40 écrits à l’occasion de sa quarantaine, et mis en musique par Antoine Dubois, Matthieu Duret et Alexandre Danzin, l’album le plus poétiquement rock’n’roll, le plus abouti, le plus intime, c’est lui-même qui nous l’a dit, et c’est le ressenti que j’ai eu à l’écoute de cet album.

L’espoir, qu’il faut garder pour rester debout :

"C’est lui qui peut changer le monde / A l’heure où l’on baisse les bras / Qui dit que tant que la terre est ronde / On peut sauver même le climat / Il donne envie de se lever / De s’insurger qu’on en veut pas / D’un avenir téléguidé / De la naissance jusqu’au trépas / Il faudrait pas le décevoir / L’espoir."

L’antichambre, de son album Les moineaux d’Egare, nostalgie du temps qui passe, l’antichambre, la dernière demeure :

"Quel âge est il madame à ta montre de femme / Quand les aiguilles deviennent des ridesMadame Aride ? / Quel âge est il très chère / A l’Horloge des mères / Quand viennent leurs filles de soixante ans / Dans l’Antichambre ?"

Madame ça va, sur la perte d’emploi :

"Ell’ m’attendait devant la grille De l’usine, je l’ai reconnue Elle n’était pas de ma famille Par le bras elle m’a retenu Alors je l’ai suivi docile Vers un bistrot dans l’avenue Et j’ai bu comme un imbécile A mon licenciement venu Depuis partout ell’ m’accompagne Et je la traîn’ comme un boulet Las de la ville, de la campagne Je suis devenu son valet …"

L’enfance, vue de La cour d’école, car personne ne sort indemne de son enfance, nous dit Paul Pierre :

"Tout autour de la cour, il y a des grilles vertes ; Y a des murs, y a des tours (elles sont jamais ouvertes) ; Y a trois arbres dans trois ronds, qui surgissent du béton ; On durait un bouquet de trois fleurs de pavé ! Deux, trois fleurs de pavé !

Au-dessus de la cour, y a un carré de ciel, Des nuages, tous les jours, de l’air, artificiel… Un moineau a croisé une colombe en prison, S’est sauvé, envolé, puis vint sur mon balcon… Puis vint sur mon balcon… "

Les petits riens, tous ces petits riens qui embellissent la vie : "Il aura fallu que j’en aime tant, Pour qu’un jour je sache ce qui vraiment m’émeut ; Les oiseaux de la mer et le vin si fameux, La chanson de Prévert, les femmes, le printemps…"

Caravelle , chanson inspirée par ces enfants enlevés à leurs familles réunionnaises, pour repeupler la Creuse, le Gard, le Tarn, la Lozère, les Pyrénées orientales, sous l’autorité de Michel Debré qui était alors député de La Réunion, ces enfants qui ont dû souvent rêver de voler par dessus les nuages pour retrouver leur île :

"Vogue donc caravelle, L’indien est océan, L’Afrique en est plus belle, Les arbres flamboyants Fleurissent à noël S’embaument au nouvel an. Vogue dont caravelle Au gré du vent…"

La mer inspire aussi Pierre Paul Danzin, dans l’écume des bières, il pense à l’amertume chantante des marins d’aujourd’hui :

"Les fous de Bassan Hissons, hissons amis les voiles, Dévoilons le drapeau des goélands, Des albatros sans une étoile, Chantons les fous de Bassan…"

Deux parties d’une heure chacune, chansons entrecoupées de traits d’humour, de rires, de bravos, de partage avec le public, nombreux ce dimanche soir, et c’est une ovation pour Pierre Paul et Alex Danzin, suivie de deux chansons en rappel, une du fantôme moustachu qui trône à côté du feu de bois de l’Arthé Café, Ma môme de Jean Ferrat, et une d’un autre moustachu, Brassens : La mauvaise réputation, interprétation très personnelle de Pierre Paul Danzin que le public reprend en choeur.

Maï et Marc Usclade viennent ensuite rejoindre les artistes, et ce sont des remerciements partagés, des frères Danzin pour l’accueil chaleureux qu’ils ont reçus à l’Arthé Café, et de Maï et Marc, pour l’un des très grands moments de l’Arthé Café que nous avons eu ce dimanche soir.

Nous avons prolongé ce moment en échangeant avec les amis habitués, et les nouveaux, avec Pierre Paul Danzin, qui dédicaçait ses albums, et faisait passer la feuille de souscription pour son prochain album Aujourd’hui, c’est demain.

Danièle Sala

#Danzibar

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